Peindre à Paris se heurte d'abord au bâti. L'immeuble haussmannien type — pierre de taille en façade, refends et cloisons en plâtre sur lattis — a des murs qui « travaillent » : micro-fissures de retrait au-dessus des portes, enduits anciens parfois farineux, plafonds moulurés qui ralentissent les découpes. Un peintre expérimenté à Paris commence par sonder et reboucher, jamais par peindre directement. Sur les huisseries et boiseries d'avant 1949, la présence de peinture au plomb est fréquente : on ne ponce pas à sec sans précaution (décapage chimique ou ponçage aspiré), un point que tout devis honnête doit aborder.
La très forte densité de copropriétés conditionne le chantier. Tout ce qui relève des parties communes — cage d'escalier, paliers, et les colonnes montantes électriques, désormais réputées appartenir au réseau de distribution — dépend du syndic, pas du copropriétaire isolé : pour repeindre une cage, c'est l'assemblée générale qui décide, sur devis voté. À l'intérieur de votre lot, vous êtes libre, mais l'accès reste contraint : pas d'ascenseur dans bien des immeubles, escaliers étroits, stockage de pots et de bâches limité. Ce contexte de copropriété explique pourquoi un même mètre carré de peinture coûte davantage à Paris qu'ailleurs : la logistique pèse presque autant que l'application.
La façade obéit à d'autres règles que l'intérieur. Dans les secteurs sauvegardés comme le Marais, l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) encadre les ravalements et impose des teintes ; cet avis vise la façade, pas vos murs intérieurs. Sur la pierre tendre et le bâti ancien, on privilégie des badigeons et peintures minérales respirants : un enduit étanche piégerait l'humidité dans le mur et ferait cloquer la finition. L'eau dure du réseau parisien (≈ 25-30 °f) n'affecte pas la peinture en elle-même, mais rappelle l'humidité résiduelle des pièces d'eau anciennes — d'où l'intérêt d'une finition satinée lessivable en cuisine et salle de bains. Sur les chantiers parisiens, on retrouve aussi des installations électriques vétustes (tableaux anciens) : si la peinture s'accompagne d'une reprise des prises ou interrupteurs, la mise aux normes NF C 15-100 et l'attestation Consuel relèvent d'un électricien, pas du peintre — à coordonner en amont pour éviter de repeindre deux fois. Enfin, pour le dépannage à domicile et les petits travaux, la DGCCRF impose un devis écrit : exigez-le.