Nantes s'est construite sur la Loire et l'Erdre, et cette géographie pèse directement sur le travail du couvreur. Le climat océanique apporte une humidité forte et durable : une toiture exposée au nord ou ombragée par la végétation se couvre de mousse en quelques saisons seulement. Cette mousse retient l'eau, soulève les tuiles et les ardoises par capillarité et accélère leur dégradation. Le démoussage suivi d'un traitement hydrofuge n'est donc pas un luxe esthétique à Nantes : c'est un geste d'entretien qui prolonge la couverture et limite les infiltrations. À l'inverse, le gel reste modéré ; le risque dominant n'est pas l'éclatement par le froid mais l'érosion lente par l'eau et les coups de vent d'ouest.
Le bâti ancien nantais mêle tuffeau et granit. Le tuffeau, calcaire tendre, absorbe l'eau très facilement : une descente d'eau pluviale défaillante ou une zinguerie corrodée provoque vite des auréoles et un délitement de la pierre en façade. La zinguerie — gouttières, chéneaux, noues, solins — mérite donc une attention particulière sous ce climat. En centre-ville, les immeubles et copropriétés imposent des interventions coordonnées (accès, échafaudage sur rue, accord de l'assemblée), tandis que l'Île de Nantes et les quartiers reconvertis offrent un bâti plus récent, souvent en toiture-terrasse ou bac acier, qui relève d'une étanchéité plutôt que d'une couverture traditionnelle.
Deux contraintes réglementaires structurent les chantiers. Dans les secteurs sauvegardés et aux abords des monuments, l'aspect de toute toiture visible est encadré par l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) : teinte d'ardoise, type de tuile et zinc patiné peuvent être imposés, et une déclaration préalable est requise dès que l'aspect change. Par ailleurs, les zones basses proches de la Loire relèvent du Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) : il conditionne certains aménagements et rend l'évacuation des eaux pluviales d'autant plus critique. Un couvreur nantais expérimenté intègre ces deux cadres dès le devis, ce qui évite de coûteuses reprises une fois le chantier engagé.