À Marseille (13, Provence-Alpes-Côte d'Azur), deuxième ville de France avec près de 870 000 habitants, trois facteurs locaux dictent l'état d'une toiture et le travail du couvreur. D'abord le climat méditerranéen : l'été est sec et brûlant, ce qui fait travailler les matériaux et dilater les tuiles, puis l'automne concentre l'essentiel des précipitations annuelles en quelques épisodes intenses, souvent orageux. Une toiture poreuse, des tuiles déplacées ou une noue sous-dimensionnée se révèlent à ce moment précis, par des infiltrations brutales. Ensuite le mistral : ce vent du nord-ouest, fréquent et puissant, s'attaque aux rives, aux faîtages et aux tuiles de bord, qu'il peut soulever lorsqu'elles sont simplement posées sans fixation. Un couvreur marseillais sérieux scelle ou fixe mécaniquement les tuiles exposées plutôt que de les laisser libres. Troisième facteur, propre au littoral : les embruns salins. Sur les quartiers proches du large, le sel attaque les installations métalliques exposées et corrode plus vite gouttières, chéneaux et solins en zinc ; on privilégie alors des matériaux et des traitements adaptés à l'ambiance saline. La tuile canal en terre cuite reste le matériau traditionnel de la région, mieux adapté que l'ardoise au climat provençal, même si certains bâtis spécifiques justifient d'autres choix. Côté humidité, la mousse se développe surtout sur les versants nord et à l'ombre, d'où l'intérêt d'un démoussage suivi d'un traitement hydrofuge. La tenue au gel reste un sujet secondaire à Marseille, le gel y étant rare et bref, contrairement aux toitures de montagne. La chaleur estivale, en revanche, pèse lourd : sous une toiture mal isolée, les combles emmagasinent la température et alimentent une forte demande de climatisation. Une isolation soignée de la couverture devient alors un levier de confort autant qu'une protection contre les infiltrations. Enfin, le bâti : le centre ancien dense du Panier et de Noailles, fait d'immeubles serrés en copropriété, impose des contraintes d'accès et d'échafaudage qui peuvent générer un surcoût d'accès, sans aucune majoration propre aux très grandes métropoles tendues. Et dans les secteurs sauvegardés, l'aspect de la toiture visible depuis l'espace public est encadré par l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) : couleur, matériau et type de tuile doivent être validés avant travaux.