À Avignon, l'électricité se lit d'abord dans le bâti. L'intra-muros aligne des immeubles en pierre calcaire des XIVe-XIXe siècles, très denses, souvent en copropriété, où l'on retrouve encore des installations d'origine : circuits sans conducteur de terre, vieux tableaux à fusibles en porcelaine, gaines insuffisantes et dérivations accumulées au fil des décennies. La remise à plat impose presque toujours un nouveau tableau avec différentiels 30 mA, un repérage clair des circuits et une liaison équipotentielle dans les pièces d'eau, conformément à la NF C 15-100. Bonne nouvelle : le secteur sauvegardé ne complique pas ces travaux intérieurs. L'avis de l'ABF vise les façades, les menuiseries et les éléments visibles depuis l'espace public — remparts, abords du Palais des Papes, Rocher des Doms — pas vos circuits intérieurs ni votre tableau. En copropriété, gardez en tête le partage des responsabilités : la colonne électrique commune et son tableau de répartition relèvent du collectif, tandis que votre installation privative commence au disjoncteur de branchement de votre logement. Le climat ajoute sa signature locale. Les étés méditerranéens, très chauds et secs, alimentent une forte demande de climatisation réversible : chaque split exige un circuit dédié, une protection adaptée et une unité extérieure solidement fixée, car le mistral, ce vent du nord fréquent et violent qui descend la vallée du Rhône, malmène fixations, supports et passages de câbles en façade. L'air particulièrement sec limite la condensation, mais l'eau dure provençale entartre les chauffe-eau électriques et fait grimper leur consommation : un entretien dosé prolonge la résistance et le thermostat sans vider la cuve inutilement. Dernier point propre au fleuve : les secteurs d'Avignon concernés par le PPRI du Rhône imposent de remonter tableau, prises et appareillages au-dessus de la cote de référence, un réflexe que tout électricien sérieux intègre dès qu'il s'agit de rénover une installation ancienne en zone exposée.