Lorient, environ 57 000 habitants, est un grand port de l'Atlantique posé sur la rade où confluent le Scorff et le Blavet, autour de l'ancienne base sous-marine de Keroman. Cette histoire pèse directement sur les installations électriques de la ville. Visée par les bombardements alliés à cause de la base allemande, Lorient a été détruite à près de 85 % entre 1943 et 1945, puis reconstruite massivement dans les années 1950. Résultat : peu de bâti ancien en pierre, mais un parc dominé par des immeubles et des copropriétés de reconstruction en béton. Ces logements ont souvent conservé leur installation d'origine — tableaux à fusibles, absence de prise de terre, sections insuffisantes — aujourd'hui non conformes à la NF C 15-100. En copropriété, la colonne électrique commune qui dessert les appartements relève des parties communes et donc du syndic : un électricien sérieux distingue toujours ce qui est privatif de ce qui est collectif avant de chiffrer.
Le second facteur est le climat. Lorient connaît un climat océanique doux mais très pluvieux, et surtout exposé aux embruns salins du littoral. Ce sel en suspension accélère la corrosion des éléments métalliques exposés : bornes de coffrets extérieurs, fixations, unités de climatisation, boîtiers d'éclairage de façade et de jardin. Un tableau ou une protection installés dehors sans indice d'étanchéité adapté se dégradent bien plus vite ici qu'à l'intérieur des terres. Sur le quartier de Keroman et les façades exposées au vent de mer, ce phénomène est particulièrement marqué. L'humidité océanique permanente aggrave par ailleurs les défauts d'isolement et augmente le risque électrique dans les pièces d'eau, les caves et les sous-sols, fréquents dans les immeubles de reconstruction.
Point souvent mal compris : la Bretagne repose sur un socle granitique et schisteux, l'eau y est douce et peu minéralisée. L'entartrage des chauffe-eau est donc lent, à l'inverse des villes à eau dure. À Lorient, le vrai enjeu n'est pas le calcaire mais la corrosion saline et l'humidité — c'est là que doit porter la vigilance d'un bon électricien, plutôt que sur un détartrage prématuré. Un bon professionnel orientera donc ses contrôles vers l'étanchéité des coffrets, la protection des parties exposées au sel et l'isolement des circuits, points bien plus critiques ici que l'entartrage.