Lyon (520 000 habitants, Auvergne-Rhône-Alpes), à la confluence du Rhône et de la Saône, présente un bâti qui conditionne directement le travail du peintre. Le Vieux Lyon et la Presqu'île sont classés en secteur sauvegardé UNESCO : toute intervention sur une façade visible y est soumise à l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF), qui encadre les teintes et les enduits. En revanche, la peinture intérieure d'un mur ou d'un plafond n'est pas concernée, sauf élément patrimonial protégé. Bien distinguer les deux évite des semaines de retard administratif.
Le matériau impose lui aussi sa loi. Le Vieux Lyon et une partie du centre sont bâtis en pierre, souvent tendre et poreuse. Sur ces supports, un peintre compétent privilégie des badigeons et peintures minérales respirants, qui laissent le mur évacuer son humidité. À l'inverse, un enduit ou une peinture filmogène étanche piège l'eau dans la maçonnerie : cloques, salpêtre, décollements à terme. C'est l'erreur la plus coûteuse sur le bâti ancien lyonnais, car elle oblige souvent à reprendre tout le support après quelques saisons.
Sur les pentes de la Croix-Rousse, les anciens ateliers de canuts offrent de grands volumes et des plafonds très hauts, ce qui augmente les surfaces à peindre et impose souvent échafaudages ou plateformes. La forte déclivité et les rues étroites compliquent l'accès, le stationnement et la logistique du chantier : ce surcoût d'accès, réel mais mesuré, n'a rien à voir avec une majoration parisienne. Lyon est en province, et ses tarifs restent proches de la moyenne nationale.
L'eau lyonnaise est dure et calcaire : sans incidence directe sur la peinture, l'entartrage signale parfois des remontées d'humidité à traiter avant toute reprise de support. Enfin, le climat semi-continental expose le centre-ville au gel hivernal ; on évite donc d'appliquer une peinture de façade par températures négatives, et on planifie le ravalement à la belle saison. Les nombreuses copropriétés haussmanniennes et canuts ajoutent une dimension collective : les colonnes montantes et les façades sont des parties communes, et le ravalement relève souvent d'un vote en assemblée générale, sur la base de devis présentés par le syndic. Demander des devis comparatifs en amont aide le syndic et les copropriétaires à voter en connaissance de cause.