Le bâti annécien se lit en strates. Au cœur de la vieille ville, le long du Thiou et des canaux, les immeubles médiévaux et leurs arcades alignent des portes anciennes en bois massif, souvent équipées de serrures à gorges ou en applique d'origine. Parce que ce secteur est sauvegardé, le remplacement d'une porte palière ou d'un élément visible depuis la rue passe par l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France ; en revanche, sécuriser l'intérieur d'un logement — changer un cylindre, poser une serrure multipoints côté privatif — ne relève d'aucune autorisation patrimoniale. Autour de ce noyau, les quartiers résidentiels et les copropriétés des bords du lac, ainsi que les nombreuses résidences secondaires liées à la pression touristique alpine, génèrent une demande forte de sécurisation pour des logements souvent inoccupés une partie de l'année.
Le climat dicte le reste. À l'altitude d'Annecy, en contexte alpin, le gel hivernal est un risque concret : un cylindre exposé au nord peut se bloquer, et les canalisations des accès non chauffés (caves, garages, dépendances) gèlent si elles ne sont pas purgées et calorifugées avant l'hiver. L'eau, moyennement dure à dure du fait du calcaire des massifs des Bornes et des Bauges, entartre progressivement les mécanismes et accélère l'usure des chauffe-eau dans les logements. Enfin, la Haute-Savoie est classée en zone de sismicité 4 (sismicité moyenne, parmi les plus élevées du pays) : ce paramètre, négligé ailleurs, justifie à Annecy un soin particulier sur l'ancrage des blocs-portes blindés et la solidité des fixations dans une maçonnerie parfois ancienne. Un serrurier qui connaît la ville adapte donc son intervention au quartier, à l'exposition de la porte et à la saison.