Le parc lyonnais impose des contraintes très concrètes au serrurier. Dans le Vieux Lyon et sur la Presqu'île, classés en secteur sauvegardé au titre du patrimoine mondial, toute modification visible depuis l'espace public (porte d'immeuble, façade, menuiserie sur rue) passe par l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France ; en revanche, une serrure de porte palière intérieure ou un cylindre côté logement n'est pas concerné par l'ABF. Bien distinguer les deux évite des refus de travaux et des délais inutiles.
À la Croix-Rousse, les anciens ateliers de canuts forment des immeubles hauts à très grands volumes, desservis par des montées étroites et de fortes pentes. Cet accès difficile complique la logistique : portage de bloc-porte blindé, manutention d'une porte multipoints, stationnement du véhicule de l'artisan. C'est l'unique cas lyonnais où un léger surcoût d'accès se justifie, jamais une majoration de principe.
Le bâti ancien en pierre, les immeubles de canuts et la Presqu'île haussmannienne se caractérisent par de nombreuses copropriétés à colonnes montantes communes : le remplacement d'une serrure de hall ou d'un contrôle d'accès relève alors d'un vote en assemblée générale, pas d'une décision individuelle. Côté entretien, l'eau dure de Lyon, chargée en calcaire, n'attaque pas le mécanisme interne d'un cylindre mais entartre la quincaillerie exposée et les gâches électriques d'interphone. Le climat semi-continental ajoute un gel hivernal régulier : les cylindres de portes extérieures peu protégées peuvent se bloquer en janvier-février. Une lubrification au graphite avant l'hiver et l'isolation des tuyaux et accessoires exposés préviennent l'essentiel de ces désagréments. Côté tarifs, Lyon est une ville de province : les prix restent proches de la moyenne nationale, sans le surcoût appliqué dans les plus grandes agglomérations.